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Etonnant : comment marcher au grand air modifie le cerveau

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La marche est une activité physique conseillée à tous, et en particulier à ceux qui n’ont pas le temps ou l’envie de pratiquer un sport. Le fait de marcher au grand air est bénéfique sur le plan physique, mais on apprend aussi que cela modifie certaines structures du cerveau.

Les effets des promenades dans les espaces verts (végétation : parcs urbains, bois, champs…) et bleus (présence d’eau : rivière, bord de mer, étang…) représentent un domaine de recherches émergeant, avec une influence croissante dans les recommandations de santé (les « prescriptions vertes » ou « bleues »). La marche combine alors des avantages physiques, en tant qu’exercice, et psychologiques, comme bol d’air. Si on comprend aisément que le fait de marcher régulièrement à un rythme assez rapide induise des bénéfices physiques, comment expliquer les bienfaits mentaux ?

Le cerveau en reconfiguration perpétuelle

Une équipe allemande (Centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf) a exploré cet aspect. Objectif : investiguer l’association entre le temps passé à l’extérieur et la plasticité structurelle cérébrale, en conjonction avec le ressenti personnel. La plasticité cérébrale (ou neuroplasticité, ou plasticité neuronale) est un mécanisme extrêmement important, qui renvoie à la capacité des neurones et de leurs connexions à se modifier et à se remodeler tout au long de l’existence, en particulier lors des phases de mémorisation et d’apprentissage. Autrement dit, le cerveau est un système dynamique en reconfiguration perpétuelle.

Les chercheurs ont recruté des jeunes adultes en bonne santé générale, habitant en milieu urbain. Au cours d’un suivi de six à huit mois, les données concernant le temps passé en extérieur, tout simplement à marcher au grand air, ont été croisées avec les résultats d’une série de scanners cérébraux (IRM) réalisés sur chaque participant. Les auteurs parlent d’une « évaluation en profondeur sans précédent de la variabilité de la structure cérébrale ».

Davantage de matière grise

L’analyse de l’ensemble du cerveau a permis de mettre en évidence une association entre le temps passé à l’extérieur et le volume de matière grise dans une zone bien particulière : le cortex préfrontal dorsolatéral droit. A ceci s’ajoutent les affects positifs exprimés par les participants, sachant que le lien se maintient après prise en compte de l’activité physique globale, de l’alimentation, des loisirs et des heures d’ensoleillement.

Pourquoi ce résultat est-il remarquable ? Parce que le cortex préfrontal dorsolatéral tient une place clé dans le réseau qui permet l’élaboration des processus cognitifs (raisonnement, langage, mémoire…), et il joue un rôle crucial dans notre capacité de planification (objectifs à atteindre, moyens d’y parvenir, étapes de réalisation…), dans les fonctions exécutives (flexibilité mentale : adaptation des comportements, pensées et émotions dans une situation nouvelle, traitement des informations, gestion de l’espace et du temps…), ainsi que dans la régulation et le contrôle émotionnels.

L’augmentation de la matière grise dans cette zone laisse supposer qu’elle « fonctionne » mieux, d’autant que les personnes concernées expriment une amélioration de leur bien-être. En tout cas, poursuivent les spécialistes, « ces résultats, obtenus sur une période relativement courte, illustrent une remarquable plasticité cérébrale modulée par le temps passé en extérieur. Ceci est compatible avec les témoignages individuels qui soulignent les bienfaits psychologiques des promenades au grand air. Notre étude fournit une démonstration des mécanismes neuronaux qui justifient des « prescriptions vertes », avec des conséquences possibles aussi sur la prise en charge des troubles mentaux ».

Source: The World Journal of Biological Psychiatry (www.tandfonline.com/toc/iwb)

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